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Pierre-Yves Tremois

Pierre-Yves Tremois

(1921)

Elève de l’École nationale supérieure des Beaux-arts de Paris, Pierre-Yves Trémois est un peintre, graveur et sculpteur essentiel dans l’art du XXe siècle. Sa première grande récompense  c’est en 1943 avec le premier Grand Prix de Rome de Peinture.

Ce qui définit l’œuvre et le caractère de Trémois, c’est le trait. « C’est comme ça et ça ne peut être autrement » disait un critique à son propos. Son trait pourfend le flou artistique et son art si direct, est cependant complexe. Il paraît si simple, que cela devient ambigu. Peintures, gravures, dessins, noir, blanc, grisailles, où comme toujours la ligne domine.

Trémois, c’est la décision du trait, qui domine la technique au point de la faire oublier. Le trait, une énigme qui a le pouvoir de créer un humain, un animal, quelle magie ! « Le flou de l’abstraction est cocufié par le trait qui est lui-même une abstraction ».

Le trait est « contemporain ». Il n’a que 25.000 ans. Lascaux c’était hier, ce sera demain. Lascaux, le plus grand mystère de l’art, réalisé avec un silex ou un pinceau trempé dans du noir de charbon et du génie. Aujourd’hui le trait est l’expression d’un avant-gardisme auquel peu d’artistes osent se confronter. « Je dessinais avant de savoir écrire et si je sais pourquoi j’écris, je ne sais toujours pas pourquoi je dessine ».

Trémois est un solitaire, on pourrait le nommer « homme de l’ombre », bien que l’ombre dans ses œuvres soit l’ennemie tentatrice. Le trait est l’ennemi de l’ombre, il n’est pas l’ennemi du volume.

La gravure le consacre comme l’un des grands de son époque. « Le burin m’a appris la simplicité et la simplicité est terrible ». « J’aurais aimé avoir le titre prestigieux de "scribe des contours" titre réservé à certains artistes égyptiens ».

La sculpture lui permet de faire la fusion entre l’homme et l’animal, entre le volume et la ligne. Une originalité de ses sculptures monumentales : la série des « gisants enlacés ».

Le corps, l’enlacement des corps, sont une importante partie de son œuvre gravé, peint ou sculpté.
« Les corps, une irrésistible passion. Est-ce impardonnable ? Il peut y avoir de la folie dans la laideur, il peut aussi y avoir de la folie dans la beauté ».
Cet érotographe comme il se nomme, fascine par son érotisme au scalpel. Précision, recherche du détail, pas de sentiment, pas de repentirs, une exactitude mathématique. « L’érotisme est grave, un des moments les plus intenses de l’existence. On me traite parfois d’érotique. La morale en art n’existe pas. Elle n’existe pas non plus chez les animaux, elle n’existe pas non plus dans l’érotisme ».

Il poursuit immuablement sa trajectoire, où se mêlent les étreintes humaines, les étreintes animales, les dérisions félliniennes, les innombrables et illustres réalisations graphiques, avec ses amis Rostand, Montherlant, Fellini (Môa le clown réalisé comme une BD), Giono, Claudel, Rossif, Tournier…

Trémois tient une place importante dans ce qu’on nomme « les Grands Illustrés Contemporains » . Ces livres recherchés furent édités par Gallimard, Flammarion, Lefebvre, Orengo, Laffont, Gonin, J.Foret ( avec l’Apocalyse ) etc… De lui, Malraux disait : « Trémois possède aussi une vérité qui dépasse le temps ».

Son œuvre est pluridisciplinaire. Ses travaux comportent un nombre important de dessins, gravures, monotypes, peintures ( son œuvre la plus récente : la réalisation de peintures monumentales pour une chapelle, « la Chapelle des Corps »), des objets et bijoux en or, des sculptures en bronze poli ( ce sera le bestiaire fabuleux ), en bronze patiné dont certaines monumentales ( les gisants enlacés ), la création de 120 céramiques à Vallauris, grandes coupes et vases qui ont l’originalité d’être gravés au burin dans l’argile avant d’être émaillés.

Dans chaque sculpture animalière, se retrouvent les thèmes de Trémois, gravés ou sculptés, auxquels se mêle parfois l’écriture, avec son graphisme si personnel.

Si Trémois aime l’homme, il lui préfère parfois l’animal. « Je dessine avec autant de joie un couple s’enlaçant, que des crapauds s’accouplant ».

 

 

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