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Salvador Dali

Salvador Dali

(1904-1989)

Salvador Dali est né le 11 mai 1904 à Figueras, petite ville de la province de Gérone, dans le nord-est de l’Espagne. Il était le fils de Salvador Dali y Cusi et de Felipa Domenech. Son père, notaire à Figueras, était un homme très vigoureux et l’on raconte qu’il avait causé la mort du frère aîné de Dali, appelé aussi Salvador, né en 1901 et mort en 1903. Selon Dali, son frère serait mort d’une méningite causée par un coup reçu sur la tête. Les parents de Dali projetèrent constamment sur le jeune Salvador, le souvenir de son frère disparu, l’habillant des vêtements du défunt, lui donnant ses jouets et le traitant comme la réincarnation de ce premier fils mort.

Dali se révolta pour affirmer son identité en même temps qu’il se rebellait contre l’image magnifiée de son frère. Cet esprit de révolte le poussait à uriner volontairement au lit, à simuler des convulsions, à se livrer à des crises de hurlements ou de mutismes, à se jeter dans le vide de grandes hauteurs et à commettre des actes de violence gratuite comme celui de donner un coup de pied dans la tête de sa petite sœur, sans raison apparente.

Le jeune Dali fit sa scolarité à Figueras, d’abord dans une école communale où il n’apprit rien puis dans une école privée, dirigée par les Frères maristes, où il apprit peu. Son père, homme assez cultivé s’intéressait à la musique et à la littérature. Il possédait une bibliothèque bien garnie que le jeune garçon explora avant l’âge de dix ans. Sa vocation artistique fut aussi stimulée par la lecture d’ouvrages d’une collection de monographies d’art, achetés par son père. C’est peut-être dans le vieux moulin de Pepito Pitxot, dont le frère Ramon était un peintre impressionniste vivant à Paris et connu de Picasso, que le jeune Dali fit ses débuts, peignant à neuf ans une nature morte aux cerises, au dos d’une vieille porte mangée par les vers. Pepito Pitxot persuada son père de l’autoriser à étudier à l’école municipale de dessin de Figueras, où Salvador fut inscrit en 1917. Il y demeura deux ans sous la tutelle de Juan Nunez. A l’été 1918, Salvador Dali montra publiquement ses premiers tableaux dans une exposition d’artistes locaux, au théâtre municipal de Figueras, qui deviendra plus tard un musée entièrement occupé par ses œuvres.


En septembre 1921, il se rendit à Madrid à l’académie des Beaux-arts San Fernando. Dali ne fut pas satisfait de l’enseignement qu’il y reçut. L’impressionnisme y était encore en vogue et le jeune peintre avait déjà travaillé à fond et épuisé ce style. Il s’intéressait davantage au Cubisme tout en restant attiré par les techniques artistiques traditionnelles. Le séjour qu’il fit à la résidence universitaire coïncida avec celui de certains des esprits les plus brillants et les plus cultivés d’Espagne. Il y avait là Luis Buñuel et Lorca. Ce dernier, homosexuel, tomba amoureux de Dali, lequel, plutôt asexuel, ne put lui rendre son affection.

Dali eut sa première exposition personnelle, en novembre 1925, à la galerie Dalmau de Barcelone. Malgré sa diversité stylistique, l’exposition fut bien accueillie et favorisa aussi de façon indirecte la réputation de Dali à Paris, car elle reçut la visite de Picasso. En avril 1926, Dali se rendit à Paris et à Bruxelles avec sa sœur et sa belle-mère. Le point culminant de tout le voyage fut sa rencontre avec Picasso. A partir de là, l’influence de Picasso se révéla dans de nombreux tableaux peints par Dali, à son retour en Espagne. L’accueil qu’il avait reçu à Paris lui donna l’envie de venir s’y installer et il se mit en devoir de se faire expulser de l’académie San Fernando. Convoqué pour l’épreuve d’histoire de l’Art de son examen, il refusa d’être interrogé, déclarant : « aucun des professeurs n’étant compétent pour me juger, je me retire ». Furieux, ses professeurs le renvoyèrent, sans diplôme. Il retourna à Figueras pour une année, pendant laquelle il dut, à partir de février 1927, accomplir son service militaire, pendant neuf mois. Pour assister Buñuel pendant le tournage du film « Un Chien Andalou », Dali se rendit à Paris en mars 1929. Ce voyage marque un tournant décisif dans sa carrière, non seulement il en reçut une stimulation artistique, mais en plus, sa vie sexuelle et culturelle s’en trouvèrent transformées. Dali et Buñuel voulaient agresser d’emblée la sensibilité des spectateurs, cependant, Dali sentait que « Un Chien Andalou » n’était pas assez répugnant. Ce film joua un grand rôle dans la réputation d’enfant terrible faite à Dali. La portée du scandale que provoqua le film ne fut pas perdue pour quelqu’un qui allait devenir le meilleur agent de sa propre publicité au cours du XXe siècle. A paris, Dali obtint l’accord du marchand Camille Goemans pour l’organisation d’une exposition à la fin 1929. Ce fut aussi sa première rencontre avec Gala.

Goemans se rendit chez Dali, à Cadaquès, près de Figueras, durant l’été 1929. Il fut rejoint par Paul et Gala Eluard et leur fille Cécile, René Magritte et sa femme et Buñuel. Paul Eluard était déjà un poète surréaliste très connu, ami intime d’André Breton, chef de file des Surréalistes. Il s’était marié à Gala en 1917.

Au début des années 1920, les Eluard et Max Ernst avaient formé un ménage à trois, qui après avoir brisé le mariage de Max Ernst s’était défait vers 1925. Eluard et Gala vivaient toujours ensemble mais leur union était compromise et le séjour à Cadaquès lui porta un coup fatal. L’attirance que Dali éprouvait pour Gala et qu’il dissimulait, accroissaient sa frustration émotionnelle et sexuelle. Gala était, elle aussi, attirée par Dali. Après le départ de Paul pour Paris, en septembre, elle resta à Cadaquès et sa liaison avec Dali démarra peu après. Au début de leur relation, l’hystérie de Dali disparut, ce qui semble bien prouver son origine psycho-sexuelle. Il est probable que c’est avec Gala qu’il eut ses premiers rapports hétérosexuels. Ce furent aussi ses derniers car il semble avoir ensuite préféré l’onanisme.

Dali resta convaincu que Gala l’avait sauvé de la folie, cet été-là. A son retour à Paris, fin septembre 1929, il se mit au travail pour préparer son exposition. Il produisit, dans le courant de l’automne, quelques-unes de ses plus belles œuvres. L’exposition obtint un franc succès et, autour de lui commençait à se former un cercle d’admirateurs et de collectionneurs. Le vicomte de Noailles fut le premier et permit à Dali d’acquérir une maison de pêcheur à Port Lligut, près de Cadaquès.

En juin 1931, Pierre Colle, son marchand parisien, organisa pour Dali, sa deuxième exposition dans la capitale et présenta le peintre à un marchand de New-York. En janvier 1933, Gala forma un groupe de soutien financier appelé « groupe Zodiaque », constitué de douze collectionneurs qui s’engagèrent chacun à donner 2500 francs par an à Dali contre le droit de choisir un grand tableau de sa production annuelle. Ce groupe dura jusqu’au départ de Dali pour les Etats-Unis, en 1940. Gala avait divorcé en 1932 et pouvait donc épouser Dali. Le mariage civil eut lieu à Paris, fin janvier 1934 et l’ex-mari, Eluard, fut l’un des témoins. 1934 fut pour le peintre une année d’activité frénétique et il n’eut pas moins de six expositions, deux à Paris, deux à New-York, une à Londres et une à Barcelone.

En novembre 1934, les Dali s’embarquèrent pour les Etats-Unis, le peintre avait décidé de surmonter sa peur des voyages et la traversée fut financée par Picasso. L’inadaptation sociale de Dali se manifesta pendant le voyage. Dès le départ de Paris, dans le train, il s’entoura des ses toiles qu’il tenait attachées à lui par des ficelles, de peur qu’elles ne lui fussent volées et il s’assit tout près de la locomotive pour arriver plus vite à destination. A bord du paquebot, il porta en permanence son gilet de sauvetage.

Dali trouva en Amérique un terrain parfait pour son exhibitionnisme. L’époque était idéale. Il modifia alors totalement sa conduite et cette évolution entraîna parallèlement un changement d’orientation de son travail. Au début 1935, il entama une série de conférences. Ce fut au cours d’une de ces causeries qu’il déclara : « la seule différence entre moi et un fou, c’est que moi je ne suis pas fou ». Les Dali regagnèrent l’Amérique en décembre 1936. Dali dessina également des chapeaux et des robes pour la couturière du grand monde, Elsa Schiaparelli. Au début 1938, le peintre participa à l’Exposition internationale du surréalisme, à Paris. Un peu plus tard, dans le courant de la même année, il alla voir Freud à Londres. En février 1939, il était de nouveau à New-York pour une exposition à la Julien Levy Gallery.

Peu après son retour en France, la deuxième guerre mondiale éclata et l’artiste quitta Paris pour s’installer à Arcachon. Après la défaite, les Dali repartirent, via l’Espagne et le Portugal, pour les Etats-Unis où ils débarquèrent le 16 août 1940. Ils y restèrent jusqu’à la fin de la guerre. La période américaine de Dali fut l’une des plus actives. Le peintre y menait la grande vie et y fonda sa réussite sur la nouvelle classe fortunée créée par l’industrie de guerre. Dali tira parti de son auto-publicité, devenant ainsi l’enfant chéri de ce grand monde américain.

En 1948, les Dali regagnèrent l’Europe. Par la suite, ils passèrent régulièrement une partie de l’hiver à New-York et le reste de l’année entre Paris et Port Lligat. Cette année-là, la cupidité de Dali conduisit Breton à forger une mémorable anagramme avec le nom de l’artiste : « Avida Dollars ». Au cours des années 1950 et dans celles qui suivirent, le cirque commercial de Dali s’amplifia. Le peintre se prit à parler de lui-même comme du « Divin Dali » et saisit toutes les occasions pour exploiter le goût des médias pour le sensationnel.

Un de ses agents, Peter Moore s’occupa de ses affaires de 1962 à 1976. Celui-ci se vanta d’ailleurs du fait, qu’à son arrivée, Dali pouvait espérer tirer 1000 dollars de chacune de ses toiles alors qu’à son départ, le prix de ses tableaux avait atteint, en moyenne, le demi-million de dollars. Enrique Sabater, puis Robert Descharnes prirent la succession de Peter Moore.

Le train de vie des Dali nécessitaient beaucoup d’argent. Gala adorait jouer et pour cela il lui fallait constamment de l’argent frais. Au milieu des années 60, Dali commença à signer des feuilles de papier vierges, estimées à près de 350 000 exemplaires et qui servirent de support pour d’innombrables reproductions de ses tableaux, vendues comme des estampes originales.

De plus, l’artiste permit à ses assistants de peindre à sa place des tableaux qu’il signait comme étant entièrement de sa main.

Dans la dernière partie de sa vie, Dali fut comblé d’honneurs officiels mais sentimentalement, de plus en plus isolé. Ses relations avec Gala se détériorèrent jusqu’à la rupture où Gala décida de se retrancher au château de Pubol. Là, à quatre-vingts ans passés, elle entretenait encore de jeunes amants mais refusait de recevoir Dali s’il ne lui faisait préalablement une demande officielle de visite, par écrit. Elle resta, jusqu’à la fin, le centre de l’univers émotionnel du peintre et sa mort, survenue le 10 juin 1982, signa aussi la désintégration psychologique de Dali. Le 30 août 1984, il fut grièvement brûlé pendant son sommeil lors d’un incendie. On découvrit alors qu’il souffrait non seulement de brûlures mais également de dénutrition. Persuadé qu’on voulait l’empoisonner, il refusait de s’alimenter. Il s’éteignit le 23 janvier 1989 à Figueras.

 

Œuvres de Salvador Dali présentées dans la galerie

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